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Nos batailles
France | 2018| 1h38
Réalisation : Guillaume Senez
Avec : Romain Duris, Laetitia Dosch, Laure Calamy
Film en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Olivier se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

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Nos batailles : Un champ d’amour
par Olivier Pélisson




En deux films, Guillaume Senez s’affirme comme un conteur sur lequel il va falloir compter dans les années à venir. Son nouveau voyage humain est une ode puissante au lien. Avec Romain Duris, magnifique dans le rôle de la maturité.

La finesse d’observation et d’écriture de Guillaume Senez avait fait mouche il y a trois ans avec Keeper. Si son premier long-métrage n’avait pas eu les honneurs cannois, son deuxième film vient de démarrer son parcours en séance spéciale à la Semaine de la Critique. Le héros adolescent du premier, qui se battait avec ses choix de vie de footballeur et sa paternité précoce, laisse la place ici à un quarantenaire en pleine lutte avec lui-même et avec le monde. Et Romain Duris trouve en Olivier l’un de ses plus beaux rôles, treize ans après De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard. Un personnage puissant dans sa combativité sociale, professionnelle, familiale, paternelle. Puissant dans ses faiblesses aussi. Car le cinéaste belge, qui passe lui-même le cap des quarante ans cette année, et s’est nourri de sa séparation conjugale et de son lien à ses enfants, cisèle avec sa scénariste Raphaëlle Desplechin le portrait d’un homme qui reçoit et affronte les événements à bras-le-corps. Sans esbroufe stylistique, mais avec une construction subtile des caractères, des situations, des dialogues, et de leur enchaînement narratif, le film emporte le morceau.

Une véritable fresque des temps modernes, à l’ère de la mondialisation, de la déshumanisation, du burn out et de la course épileptique à la performance et à la satisfaction immédiate. Nos batailles est un chant d’amour à l’humanité. À ses peurs, à ses coups durs, à ses combats, à ses pertes de vitesse, à ses résignations, à ses abandons, à ses résistances. Un chant qui embrasse le champ des possibles. Celui de passer dans la même scène de l’affrontement à la tendresse, comme lorsque Olivier et sa sœur Betty finissent enlacés sur Le Paradis blanc de Michel Berger. Celui de passer de l’énergie combative à l’émotion du retrait de la lutte syndicaliste, avec la collègue et amante Claire. En visant juste, Senez touche au cœur et serre la gorge de ses spectateurs. Grâce à sa direction d’acteurs, faite d’alchimie entre improvisation et dialogues écrits. Grâce à son casting hors pair, où les aguerris, d’une modulation interprétative de stradivarius (Duris, Calamy, Dosch, Debay, Valadié), est illuminée par la présence de deux enfants au flair d’incarnation dingue : Basile Grunberger et Lena Girard Voss. Nos batailles sont définitivement nôtres.

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Bande à Part
Nos batailles - la critique du film
par Claudine Levanneur




Un drame social qui trouve le ton juste pour parler de paternité, de famille et de travail, bref de la vie.

Notre avis : En 2016, avec son premier film Keeper, qui se penchait sur l’impossible choix d’un jeune homme écartelé entre une paternité arrivée trop tôt et une carrière naissante de footballeur, le réalisateur Guillaume Senez ne se contente pas de remporter plusieurs prix. Il parvient surtout à nous toucher droit au cœur. Il récidive avec ce film délicat qui s’applique à décrire la complexité du monde. Il évite la lourdeur d’une description trop appuyée et trouve sans cesse le juste équilibre entre routine de la vie quotidienne et chaleur des échanges affectifs, entre cadences infernales et éclats de solidarité. Surplombant un immense hangar où un bon nombre de personnes s’activent à répertorier, emballer et expédier des milliers d’objets que l’on imagine commandés par Internet, Olivier (Romain Duris) paraît bien songeur. Chef d’équipe syndiqué, il est toujours prêt à batailler pour la défense de ses collègues. Il vient d’apprendre que l’un d’eux jugé trop vieux par l’entreprise pour être rentable est sur le point d’être licencié. Il ne sait comment lui annoncer cette nouvelle. Il n’en aura pas le temps. L’ouvrier pressentant ce qui l’attend se suicide. Très engagé dans son rôle de syndicaliste et naturellement généreux, Olivier tisse une chaîne de soutien et de fraternité autour de sa famille. Il en oublie de remarquer les signaux de détresse que sa femme lui envoie. Malgré une crise de larmes dans la salle de bains et un malaise sur son lieu de travail, elle continue à assurer le bon déroulement de la vie familiale et à diffuser sa tendresse aux enfants. Un jour, pourtant elle « oublie » d’aller les chercher à l’école. Après avoir remué hôpitaux et commissariats, Olivier se résout à comprendre que, lassée d’une vie vide de sens, elle les a abandonnés.

Une histoire somme toute banale qui aurait pu donner naissance à un récit d’un intérêt limité ou pire encore geignard si le réalisateur n’avait fait le choix d’une mise en scène à l’efficacité discrète et au ton juste, autour de personnages touchants d’humanité, plongés bien malgré eux au cœur d’événements imprévus dont ils apprennent à s’accommoder. Sans jamais tomber dans l’excès, il nous fait partager au plus près leurs doutes, leur désespoir, leur colère mais aussi leur drôlerie, leur tendresse et leur énergie, et tout en restituant avec une précision émouvante les aléas de toute vie humaine ; il dresse le portrait digne d’un père prêt à se battre sur tous les fronts pour ne jamais trahir ni ses engagements familiaux, ni son combat social.

Mais à n’en pas douter, ce regard sensible posé sur un monde en souffrance n’atteindrait pas cette portée affective sans la présence d’un Romain Duris qui trouve là un rôle poignant en adéquation avec une maturité apaisée. Il transmet fidèlement l’essence de ce héros au cœur d’or et à la maladresse attendrissante, tandis que son jeu, à juste dose entre courage et retenue, le rend instantanément désarmant. S’il reste le pivot central du récit, sa prestation est rehaussée par la présence de quelques éléments dits secondaires mais pourtant primordiaux : la douce Lucie Debay incarne avec talent cette mère qui finit par craquer, tandis que l’efficace Dominique Valadié apporte à cette histoire à hauteur d’homme (et de femme) son énergie et la toujours pétillante Laure Calamy sa spontanéité. Quant à Lætitia Dosch, on remarque son incroyable présence et le duo qu’elle forme avec Romain Duris nous accorde les moments les plus savoureux du film. Pour ne rien gâter, les enfants (à qui le réalisateur laisse, comme à tous les autres comédiens, et pour notre plus grand bonheur, une totale liberté de jeu) sont d’un naturel confondant. Si bien des batailles sociales restent à conquérir, Guillaume Senez gagne, lui, une belle victoire cinématographique.



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