Montage - Cinéma Le Club
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L'affiche du film


Un réalisateur heureux

Mercredi 28 avril 2004
Avant-1ère de
FRERES
de XAVIER DE CHOUDENS
en présence du
Réalisateur

 


Premier long-métrage de Xavier de Choudens, autodidacte nourri de cinéma qui nous a fait partager sa passion .

Espérons que ce film sera le premier d'une filmographie qui traduira son univers très personnel et son enthousiasme cinéphile ... et cinéphage.

SORTIE DU FILM LE 5 MAI 2004

 


Rencontre avec un public attentif


Maman et papa sont fiers de
leur fils ... mais se posent
quelques questions!


Quel était votre point de départ ?

Je voulais parler de l’absence. Partir de deux frères qui ne se sont pas vus pendant 16 ans et ne se sont jamais vraiment connus pour essayer de les rapprocher. Je me suis demandé s’il était possible qu’un jeune homme puisse avoir eu un frère à un moment donné et ne plus s’en souvenir du tout. De là est venue l’idée de la prison comme raison de la séparation et d’un grand frère qui prendrait le risque de rompre sa “semi-liberté”, non pas pour se faire la belle, mais pour recréer de toutes pièces un lien familial disparu.
J’ai le sentiment que cette histoire est vraiment venue à moi puis s’est transformée au fil du temps. J’avais besoin de la faire mûrir. En quatre ans, nous avons fait de nombreuses réécritures et, les années passant, j’ai grandi avec le scénario. Il me semble que ce temps a été bénéfique pour le film, qui aurait été tout autre si je l’avais fait plus tôt.

Est-ce l’attente qui vous a obligé à reconsidérer le scénario ?

C’est aussi la réalité économique. Avec mon co-scénariste, Olivier Dague, nous avons dû éliminer des personnages, supprimer des scènes, réajuster le scénario. Ce qui nous a beaucoup aidé pour recentrer l’histoire autour des deux frères et de leur père. Le manque de moyens nous a obligés à aller vers une structure et un récit beaucoup plus ténus avec un souci d’épure maximum de la forme.

Le style est tributaire de cette réalité économique…

C’est un film fait à l’arraché avec une équipe extrêmement réduite, 18 jours de tournage et quatre régions différentes (le Nord, Paris, la Franche-Comté, la Picardie).
Pour des raisons économiques, nous avions prévu de tourner en DV. Ce n’est qu’ au tout dernier moment, avec mon producteur, que nous avons pris le “risque” de tourner en Super 16, sachant que je ne disposerais alors que de trois ou quatre prises par scène. Ce choix était crucial. J'ai pu ainsi traiter le thème de la douleur et de l'absence à travers l'image comme je l'avais fait auparavant pour les dialogues et par la suite durant le travail du montage son. J'ai porté une attention permanente à la lumière, à la couleur mais également à l'espace afin de créer un cadre fonctionnel permettant de s'engouffrer au mieux dans la psyché de mes personnages. Ce résultat aurait été beaucoup plus compliqué avec un tournage et un rendu en DV.

Comment avez-vous travaillé le cadre? Vos protagonistes sont soit enfermés, soit sur le point de tomber de l’image, il sont “bord cadre” le plus souvent.

Tous les personnages sont un peu “border line”. C’est ce qui se passe dans leur tête qui me permet d'établir le cadrage. Même si je me suis efforcé d’arriver sur le plateau en sachant ce que je voulais, la place de la caméra ou le choix d’un plan sont pour moi plutôt de l’ordre de l’instinct. D’autant que nous étions dans une économie si réduite, que nous avions souvent très peu de temps pour trouver le bon axe.
Avec Gordon Spooner, le chef opérateur, nous avions choisi, dès le départ, de tourner caméra à l'épaule. Cela nous permettait d'être au plus près de nos personnages, mais également de suivre au mieux la soudaine décision de Serge et le caractère improvisé de son cheminement. En ce sens, nous n'avons pas hésité à garder les flous, les bougés, à accentuer l'effet chaotique du parcours de Serge et Vincent... parcours qui était aussi, avouons-le, un peu le notre lors de ce tournage!